En Passant Par L’Hôpital…

En Pédiatrie A L'Hôpital

En Pédiatrie A L’Hôpital

J’ai passé ces derniers jours de nombreuses heures à l’hôpital. Rien à voir avec l’infertilité: un problème avec Mini Miss inFertility, qui a désormais un peu plus de « 2zan-é-mi » (c’est elle qui le dit).

Ces moments passés me laissent une drôle d’impression. Tout va bien désormais (sinon je n’aurais pas eu le temps d’écrire!!) mais il va falloir un peu de temps.

D’abord, il y a l’angoisse en tant que parent. Comment distinguer ce qui est grave de ce qui ne l’est pas? Les enfants en bas âge sont tout le temps un peu malades, surtout l’hiver, ont très vite de la fièvre. Et heureusement pour notre santé mentale, ce n’est pas la panique à chaque fois. Mais, si cette fois, c’était grave en fait? Si je n’arrivais pas à le voir?

Je crois que nous apprenons en tant que parent à développer un 6ème sens. Plus le temps passe et plus on arrive à sentir les choses. On connaît son enfant par coeur, on sait exactement combien de temps le Doliprune fait effet sur lui, on sait reconnaître les signes « normaux » de la maladie. Donc les 38 visites chez le pédiatre depuis la naissance de Mini Miss inFertility n’auront pas été vaines ! Sa maman est officiellement une apprentie pédiatre désormais, la classe !! yey!

Que fait-on à Paris à 21h30 quand on sent que quelque chose n’est pas normal, au point de faire sortir son bout de chou de son sommeil en criant « bobo »? Et bien, on file tout droit aux urgences de Nacker (de son petit nom de code). C’est le must du must paraît-il. Cela a été une grande première pour nous.

On se dépêche, on voit une lumière dans la nuit « URGENCES PEDIATRIQUES – ENTREE NUIT », on passe les portes automatiques et BAM.

Plein de monde dans la salle d’attente.

Clairement, il ne faut pas avoir une réelle urgence, car l’attente le soir est vraiment longue. On nous annonce une heure. Et il fait chaud. Et il y a du bruit.

Mini Miss inFertility retrouve l’énergie avec toute cette excitation autour d’elle et se met à chanter à tue-tête dans la salle d’attente, ce qui fait rire une bonne partie de la salle. Et si on avait tort d’être venu? Toujours cette peur de mal faire qui nous poursuit depuis la PMA. C’est comme d’habitude en fait, elle n’a certainement rien. Un petit virus. Elle n’a plus de fièvre. On se sent ridicule d’être là.

L’heure tourne, il est 23h. On demande à l’infirmière s’il y a encore beaucoup d’attente.

« Vous serez les prochains à être appelés, ça va être votre tour ». Bon, on a attendu, on ne va pas partir maintenant, ce serait trop bête.

Minuit.

« Mini Miss inFertility? » Ah ça y est enfin notre tour. Vite vite, les sacs, le carnet de santé, le doudou.

Une succession interminable d’infirmières se succèdent. Tellement vite, que je ne sais plus si ce sont les mêmes ou non qui reviennent. Toujours cet anonymat à l’hôpital. Le médecin entre et sort. Les examens s’enchaînent dans les hurlements de notre princesse, qui est épuisée et s’effondre dans nos bras entre deux analyses.

Prise de sang. La veine est trop petite. Il faut repiquer.

Sonde urinaire qui entre mal. On recommence. Mais très vite.

Gros bandage pour empêcher Mini Miss inFertility d’arracher le cathéter, mais en laissant tout de même le pouce sorti pour qu’elle puisse le sucer (on est en pédiatrie, il y a un peu d’humanité).

La peur de son enfant, qui pleure autant en raison d’une sonde échographique froide qu’en raison d’une douleur réelle. L’angoisse de l’inconnu, que nos mots ne parviennent pas à apaiser. Déjà si petits, ils pensent que nous ne disons pas la vérité pour les protéger? Et pourtant, nous lui avons bien tout expliqué, sans mentir.

Et le médecin qui nous dit: « si le test est positif, vous n’êtes pas sortis ». Il était 1h. Et oui le test est sorti positif. Et en effet on n’est sorti qu’à 2h30.

L’hôpital, quel monde à part.

L’hôpital, ce monde inconnu où pourtant se joue ce qu’il y a de plus important, notre santé.

L’hôpital et la solitude alors que l’on a tant besoin de réconfort, en tant que patient ou qu’accompagnant.

L’hôpital où il y a à la fois un réel anonymat et en même temps un manque d’intimité flagrant. Sommes nous-un numéro?

On ne sait pas trop où aller. Perdus dans cet immense labyrinthe.

Comme en PMA, il faut poser les questions, demander les résultats d’analyse. Parceque beaucoup de médecins, aussi brillants soient-ils, sont parfois atteints d’une forme très rare de mutisme: quand un patient est dans la salle ils ne trouvent pas les mots. C’est un mal bien embêtant me direz-vous. Si Mr inFertility et moi-même n’avions pas harcelé le personnel médical, je crois qu’on n’aurait pas su pendant un bon moment le pourquoi des différents examens.

Bref. Je suis retournée ce matin à Neckar à 8h30 avec Mini Miss et le même médecin nous a accueillies. Tout était différent. Très pro, très serviable, très dispo. Il nous a accompagnées dans le labyrinthe, fait le maximum pour qu’on sorte rapidement, avec des mots très rassurants. Il m’explique que la nuit c’est l’horreur, ils ne sont que 2 médecins (au lieu de dix), c’est la course pour gérer les patients. Il confirme bien la pyélonéphrite de Mini Miss, mais son germe un est « gentil » qui réagit bien aux antibiotiques et elle va mieux. Donc on peut être rassuré. C’est la première fois que cela arrive, ce n’est pas de chance. Si cela recommence, il faudra pousser les investigations.

Flippant.

Tout va mieux. Mais quelle responsabilité d’être parent. La Terre s’arrête de tourner quand son enfant est malade. Plus rien ne compte. La réalité devient autre.

Bises à tous et profitez du moment présent, rien d’autre ne compte.



Catégories :Hors Sujet

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24 réponses

  1. Je compatis 😦 finalement, j’ai pas compris ce qu’avait ta petite. .. en tout cas je lui envoie tout plein de bisous et à vous aussi.

  2. J’espère que ta petite puce se remet peu à peu. Le médecin à l’air rassurant. Et c’est certain que ca doit être difficile en tant que parent de se sentir impuissant. Bisous à toutes

  3. C’est bien ces nouvelles, la pyelo je connais et il faut être très vigilant, tu as eu le bon réflexe. Douleurs a la miction + fièvre = urgences. J’espère que ta petite n’aura pas de récidive. Bon repos a la petite famille maintenant. Bisous.

  4. Pauvre petite louloutte! J’espère qu’elle va mieux! Bisous à vous 2!

  5. Un bon rétablissement à mini Miss et aux deux parents qui doivent être exténués et quelque peu chamboulés ! De gros bisous à tous et merci de nous avoir fait partagé ça 🙂 Maintenant, croisons pour que ça ne lui reprenne jamais jamais !

  6. bon tous va bien tant mieux! des bisous à la petite famille

  7. bon rétablissement à la mini! je suis passé par les calculs rénaux donc maintenant je sais ce qu’est la pyélonéphrite et que ça peut être dangereux. J’espère qu’en plus elle n’a pas eu de calculs dans les reins! quelle frayeur vous avez du avoir!!! quand je pense que la mienne est dans mon ventre et que je m’inquiète déjà!!

  8. Quelle inquiétude ! Je suis contente que ta petite puce aille mieux. Bises.

  9. C’est moche une pyelonephrite à 2ans (é-mi)…
    Je découvre ton blog, la blogosphère pma est immense en fait, on saute de site en site.

    Bon courage pour les prises d’antibiotiques! 🙂

    • Oui c’est vrai qu’il y a beaucoup de blogs et surtout ce n’est pas évident de mixer wordpress / blogspot/over-blog…
      Merci pour les antibio, heureusement c’est une pipette goût fraise, j’arrive à les lui donner sans trop de drame (pour une fois!!)

  10. Je suis rassurée de lire des bonnes nouvelles… Bisous.

  11. Bonjour Miss Infertility, ton post me rappelle bien cet été, un retour de vacances fracassant, et le verdict pyélonéphrite qui fait très peur. Ma fille nous en a fait une (1an et 3 mois), et si ça peut te rassurer aujourd’hui tout va bien. Tu décris tellement bien la scène avec la cathéter et le bandage, ce sont vraiment des moments durs !!! Et même encore aujourd’hui dès qu’elle fait de la fièvre ou qu’elle tremble, je suis terrorisée à l’idée que ça recommence.
    Bon courage à vous, et un rétablissement rapide pour Mini Miss Infertility (avec un gros supplément de calins !!)

  12. Pauvre choupette! Rassurée que ça aille mieux, ouf!
    Bisous

  13. La vache, tu vois c’est exactement Ce genre de situation qui me fait peur en étant maman célib. J’imagine à peine dans quel état tu dois être en amenant ton bébé, en prenant la décision d’aller aux urgences, en attendant les médecins, en attendant les résultats, en découvrant les résultats… 😦
    Bon le principal c’est que Mini miss aille bien/mieux. Petite princesse a fait son petit concert privé en salle d’attente et s’en est allée 😉

    • Oui c’est sûr qu’à deux c’est plus facile, même si souvent je dois tout de même gérer seule les choses (mari qui travaille beaucoup). Si tu as des amis proches, une voisine, une gardienne, un parent à proximité qui peuvent t’aider ça change tout. Avec un enfant, de temps en temps tu as besoin d’un coup de main, rien que parceque tu ne peux pas l’emmener partout. Bisous

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