Le Droit d’Arrêter La PMA

Stop à la PMA

Stop à la PMA

Parcequ’on est lessivé.

Parcequ’on est usé.

Parce que soi-même, on ne se reconnaît plus.

Parcequ’on est toujours fatigué, aigri, impatient, en colère.

Parce que cela fait plusieurs années que tout dans sa vie dépend de la PMA.

Parcequ’on n’en peut plus de ne rien pouvoir prévoir.

Parcequ’on en a marre d’avoir des journées de super-warrior.

Parcequ’on voudrait aller vivre à l’étranger.

Parce que son couple est au bord de la rupture.

Parcequ’on a envie de changer de boulot.

Parcequ’on ne supporte plus son équipe médicale.

Parcequ’on a envie de pouvoir prévoir des vacances ou des week ends entre amis.

Parcequ’on en a marre de voir son intimité déballée au grand jour, que tout se passe toujours en dehors de ses tripes.

Parcequ’on voudrait se réapproprier notre corps.

Parcequ’on en a marre de gonfler comme un ballon.

Parcequ’on aimerait retrouver de l’intimité avec son/sa conjoint(e).

Parcequ’on n’est pas obligé de tout tenter.

Parcequ’on a envie de pouvoir trinquer avec ses amis sans se dire que cela va baisser la qualité de nos ovocytes/spermatozoïdes.

Parceque les migraines, ce n’est plus possible.

Parcequ’on n’est pas seulement un numéro.

Parceque les bouffées de chaleur, normalement ce n’est pas pour tout de suite.

Parceque faire un enfant, c’est une décision de couple, une décision personnelle. Et non pas pour faire plaisir aux autres.

Parceque son portefeuilles devient de plus en plus léger, à force de suivre différents traitements issus de « médecines parallèles ».

Parcequ’on voudrait arrêter de mentir à ses amis, à ses collègues, à sa famille. On ne veut plus se cacher.

Parcequ’on voudrait une vie sans mauvaises nouvelles récurrentes.

Parcequ’on n’arrive plus à communiquer avec les « Fertiles ».

Parceque la vie n’est pas qu’un combat.

Parceque la vie n’est pas que la médecine.

Parcequ’il ne faut pas culpabiliser.

Parceque, tout simplement, on aimerait profiter de ce que l’on a.

Oui, on a le droit d’arrêter la PMA.

Non, ça ne veut pas dire qu’on a échoué.

On a le droit de vivre sans enfant. Sans enfant biologique. Avec un seul enfant.

La vie peut être belle ainsi. Très belle même.

La vie ne nous permet pas forcément d’avoir notre modèle familial idéal. Et pourtant, elle peut nous apporter d’autres bonheurs.

Cette Saint Valentin m’a permis de lire de magnifiques déclarations d’amour de blogueuses à leur conjoint. Et ça, ça vaut de l’or. J’ai particulièrement aimé celle de notre super Zapette, à lire ici: « Parceque c’est toi ».

Je vous propose une citation de Candide de Voltaire à méditer : « Cultivons notre jardin ».

A bon entendeur. Bonne semaine à toutes à à tous.



Catégories :Vivre l'infertilité au quotidien

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28 réponses

  1. Je suis d’accord (même si j’étais loin d’accepter cette idée qui me terrifiait). On peut trouver le bonheur de mille façons, et ça se décide un minimum (cultivons). Mais quel pas à franchir que de décider d’arrêter…. Certainement le plus dur.

  2. Évidemment qu’on a le droit, c’est tellement dur tout ça… Je suis encore loin d’accepter cette idée mais je comprends tellement qu’on en puisse plus.
    Bisous à toi

  3. Merci à toi pour ce post qui me parle tellement. Je peux répondre « oui » à plusieurs affirmations qui me donnent envie d’arrêter. Mais quelque part, je n’ai pas le « droit » d’arrêter là. On n’est pas allés jusqu’au bout, il restera toujours la possibilité, la question du « et si ça avait fonctionné à la prochaine? ». Et de se dire qu’on aura encore largement le temps d’adopter. bisous à toi

    • Tu as raison. J’ai écrit « on a le droit de ne pas tout tenter », mais je crois que j’aurais tout tenté pour bébé 1. Par contre, aujourd’hui, je ne sais pas. Je ne sais plus. On verra ce que nous réserve l’avenir… Bisous à toi aussi

  4. Oui, il n’y a pas de modèle familial idéal, mais il y a le désir furieux d’un enfant quand on s’aime… Et je n’arrive pas à imaginer mon bonheur complet sans cet/ces enfants, j’aurais toujours cette immense tristesse de ne jamais être mère, ou grand mère…

  5. On a le droit mais est-ce que l’on peut ? Est-ce qu’on peut abandonner sans avoir tout essayer ??????? Je crois que ça, c’est pas possible ……

    Bisous !!

    • Oui c’est dur. Mais on peut le faire, si on a mûrement réfléchi la décision.
      Et par exemple pour un 2ème bébé les choses sont différentes. Cette fois, tu te sens plus le droit d’arrêter, même si au fond tu es très triste de n’avoir qu’un seul enfant. Ma fille aujourd’hui m’a demandé un petit frère ou une petite soeur, et ben, ça ne nous aide pas!!!! Bisous

  6. Encore une fois, j’aime ton article !! Oui on a le droit et parfois peut-être le devoir, pour soi, pour son couple… Quand on atteint ses limites, il me parait plus sage de ne pas les dépasser. Mais la question c’est: « Jusqu’où serons-nous prêts à aller? »
    En ce moment, je suis en pleine hésitation. Et pour la 1ère fois depuis longtemps, j’ai imaginé un instant ma vie sans enfant biologique et ça a été moins douloureux. J’ai compris que je pourrais être heureuse malgré tout. Par contre, j’aurais du mal à accepter l’idée de faire une croix sur un enfant !! Si l’adoption ne marchait pas, je m’en voudrais sûrement longtemps…
    Bref, oui, on a le droit, mais c’est une décision terriblement difficile parce qu’elle nous oblige à renoncer à des possibles… « Et si…? », comme dit Dame Lapin… Bisous.

  7. Merci pour ce bel article…

  8. De mon côté, j’aurais envie d’ajouter qu’il est important de prendre le temps de se poser la question régulièrement. Ce n’est pas parce qu’au départ on s’était dit qu’on irait jusqu’au bout que c’est sans appel. Il faut aussi se respecter et respecter son conjoint… J’imagine que ça ne doit pas être évident quand les 2 ne veulent plus la même chose…

  9. Très bel article encore une fois, qui résonne si fort, qui fait écho à ma situation.
    Puisque (momentanément ?), nous avons décidé d’arrêter.
    A vivre sans culpabilité, tenter d’évacuer la douleur et construire autrement, un nouvel avenir pour soi et son couple.

  10. On a le droit quand on est prêt pour ça! mais avant ça demande un long chemin. D’Abord accepter puis se résigner et se réinventer. Je regrette que dans notre société, on ne parle pas assez des couples qui se battent. Aujourd’hui je découvre ton blog, j’ai eu un enfant mais je garde la douleur de la pma.

  11. Ouaou…cet article m’a particulièrement touchée. Oui on a le droit, et parfois même, on en a le devoir si on veut ré-apprendre à vivre.
    Merci pour ces merveilleux articles que tu écris avec beaucoup de sagesse, de franchise et de sensibilité. Continue, ça fait tellement de bien !

  12. On a le droit et parfois le devoir, le besoin. Pour se sauver soi même, pour sauver son couple, pour respirer a nouveau… Mais que cette décision doit être difficile a prendre… Je découvre ton blog je vais poursuivre ma lecture… Apo

  13. Très beau texte ..je m’y retrouve tout à fait 🙂 ….là nous ( mon mari et moi ) avons décidé d’arrêter la PMA d’un commun accord …je me sens « libérée délivrée » 😉
    La créativité m’aide aussi beaucoup à disons … »exister autrement » . X

Rétroliens

  1. Le Droit d’Arrêter La PMA « Our inFertility : L’Infertilité c’est tabou … | Aphrocalys
  2. Dernière année pour une dernière chance. | La vie (très privée) de Zelda

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