L’Entrée Dans Le Monde Merveilleux de la PMA : Un Pont A Franchir

L'entrée dans l'infertilité est un moment à franchir

L’entrée dans le monde de l’infertilité, un pont à franchir

J’ai remarqué que beaucoup d' »inFertiles » sont confrontés à une même grande difficulté : se rendre à leur premier rendez-vous avec un spécialiste de la PMA. C’est un moment clé, où ils se rendent souvent très stressés, ne sachant pas à quelle sauce ils vont être mangés. Très certainement, beaucoup s’en souviennent encore des années plus tard. 

Que l’on sache depuis longtemps que l’on ne pourra pas concevoir un enfant naturellement ou que l’on constate un jour qu’il y a un problème, vient le temps T où l’on se prend le mur de la réalité en pleine face. On passe d’une seconde à l’autre d’une vie « normale », où faire un enfant est facile, à un monde médicalisé et anxiogène. Tout d’un coup, des mots tabous que nous ne disons jamais vraiment à voix haute deviennent notre quotidien. Vous parlez souvent de sperme et d’ovaires lors d’un dîner, vous? et vous programmez vos rapports la nuit comme l’exige pour le délicieux test de Hühner ? Soudainement, nous ne maîtrisons plus notre agenda. Nous ne maîtrisons plus notre vie. Nous reconnaissons avoir besoin d’aide.

Cette entrée, nous la vivons en sous-marin. D’abord la tête haute, pensant que nous en sortirons rapidement et indemnes. Peu à peu, le dos s’avachit sous le poids de la fatigue, du stress et des déceptions. On peut alors être amené à faire son coming out et à en parler plus ouvertement à l’entourage. Ca, on en parlera dans un autre article. Les paroles de l’entourage peuvent être maladroites et blessantes. Il faut bien réfléchir à qui on décide de se livrer pour ne pas s’infliger de stress supplémentaire, voire de « devoir de réussite » pour la famille proche.

L’entrée dans le monde merveilleux de la PMA est donc un grand bouleversement.

Mais finalement, on s’y habitue, parce que cet univers pas très glam est plein d’un immense espoir. C’est un passage de l’insouciance à un monde inconnu plein de codes qu’il faut s’approprier.

Dans le vécu de cette transition, l’approche, la compétence et le tact du corps médical sont essentiels. Le choix de son suivi médical est primordial (voir l’article : « Quel Suivi Médical Choisir ? »).

Et vous, comment avez-vous vécu ce moment ? Le redoutez-vous? Vous en souvenez-vous?

 

 



Catégories :Vivre l'infertilité au quotidien

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14 réponses

  1. Oh oui je m’en souviens. Début janvier de cette année, presque 1 an. Complètement stressée car à 26 ans et 1 an 1/2 d’essais, j’avis très peur qu’on me dise « vous êtes jeunes revenez plus tard ». Et au final, non. J’ai été « rassurée ». On a fait la batterie de test (hystéro et spermato) et re-rdv 1 mois après pour la définition du protocole.
    J’y étais allée avec une écho à J3, un bilan de réserve ovarienne, mes FSH/LH/prolactine, un spermo de l’homme dans une main, et une lettre de ma généraliste dans l’autre.

  2. Ici, ça nous est tombé dessus, on a pas eu le temps d’espérer une aide médicale finalement. Dès le tout début, on a eu le droit à un diagnostic d’OPK qui laissait présager le recours à une aide. Mais on pensait à un peu de Clomid ou une petite stim… Et puis 6 mois plus tard, le gynéco prévoyait un début de soutien par stim et le spermogramme anéanti nos espoirs de n’en passer que par là. A ce moment là, pendant plusieurs mois, on avait l’impression que le ciel s’était abattu sur nos têtes, on se noyait dans une tristesse qu’on aurait pas imaginé. Puis assez rapidement, au bout d’un an d’essai et les examens rassemblés, direction gygy PMA, et il représentait un immense espoir pour nous.

    « Cette entrée, nous la vivons en sous-marin. D’abord la tête haute, pensant que nous en sortirons rapidement et indemnes. Peu à peu, le dos s’avachit sous le poids de la fatigue, du stress et des déceptions. On peut alors être amené à faire son coming out et à en parler plus ouvertement à l’entourage.  »
    Je trouve cette phrase TELLEMENT juste. Au début, il y a une sorte de déni, pour nous, ça ira vite ! Et puis les mois s’égrennent et là, tu réalises que non, ton bébé, tu as tous les risques de ne pas le voir dans l’année qui suit, mais plus tard, plus plus plus tard… Les langues se délient alors, parce que c’est bien lourd, parce que la PMA s’insinue dans nos vies et chamboulent tant de plans.

  3. bonjour
    Notre pemier RDV PMA est encore tous frais c’etait debut novembre 2013.
    Nous avons su qu’un bébé couette serait quasiment impossible en octobre 2013, le debut a été dur et evidemment emaillé de beaucoup de pleurs, à present je debute le protocole pour une premiere IAC alors evidemment l’espor revient mais on sait que le parcours peut etre long, mais on ne perd pas l’espoir.

    MmeDOC

  4. Tu as bien décris comment je me sens encore aujourd’hui.

    « On passe d’une seconde à l’autre d’une vie « normale », où faire un enfant est facile, à un monde médicalisé et anxiogène. »

    Je pense que c’est encore pire d’être dans les débuts parce qu’on a l’impression de stagner. On ne sait pas c’est quoi le même problème ou même tout court si on a réellement un problème. L’ennemi est invisible et cela devient vite pernicieux, sournois, une grande préoccupation.

    • Merci Madame G. Je comprends ta difficulté à être dans l’inconnue, c’est très difficile de ne rien maîtriser. L’inconnue est très présente dans ces parcours, même si ce n’est pas forcément au début. Gros bisous

  5. J’ai écrit un long message et oups, plus rien…
    En substance, je disais ceci :
    Mon parcours s’est fait par étape.
    Le RDV d’abord chez la gynéco qui sans trop de délicatesse m’annonce « qu’il faudra passer par la FIV ».
    Lorsque les larmes ont jailli, je l’ai sentie gênée par mon trop plein d’émotion.
    J’étais seule, sans mon compagnon et à cet instant, je n’ai eu qu’une seule envie : fuir.
    J’ai su à cet instant qu’il y aurait un avant et un après. A titre individuel, en tant que femme et pour mon couple.
    Puis il y a eu RDV au centre, avec le biologiste.
    Un magnifique centre, avec accrochés aux murs des articles de presse, des courbes de résultats.
    Les questions alors fusent dans la tête : et nous, ferons nous partie des stats positives, où serons nous sur les courbes ?
    Il y a les regards avec les autres, des regards fuyants.Nous savons que nous sommes tous là pour la même chose. Avec nos doutes, nos craintes, nos espoirs.
    A l’énoncé du parcours, à l’écoute des termes techniques, j’ai décidé, pour me protéger, d’être totalement imperméable. Je laisse cela à M. A moi les piqûres et autres prises de sang. A lui tout le reste.
    Puis il y a eu la FIV n°1. L’attente à la clinique avec les mamans prêtent à accoucher. Il y a eu la douleur physique, la détresse psychologique, l’échec à gérer.
    Sommes nous plus proches, plus soudés ? Je ne sais pas. Nous ne sortons pas indemnes de l’aventure en tout cas.
    Notre histoire est faite de « ça ». Un ça dont nous parlons peu, que nous ne partageons pas avec les autres, qui comprennent peu au fond. Je ne parle pas de la famille, assez peu délicate….
    Cette épreuve, aura eu le mérite de me montrer que je suis forte, que j’ai de la ressource, que j’ai surmonté tout cela jusque là. Je vois la vie d’une manière différente : je veux la vivre pleinement et ne plus m’encombrer de superficialités.
    Nous vivons avec « ça », comme une verrue dans notre histoire et tentons néanmoins, en sérénité, d’envisager la suite.
    (Merci à toi pour ce blog d’une infinie qualité !)

  6. Le premier rdv PMA, c’était il y a environ 2 semaines mais je suis certaine que dans 10 ans je m’en souviendrai encore en détail. Nous arrivions avec nos 17 cycles d’essai, 1 diagnostique de possible endométriose de ma généraliste, un spermogramme mitigé mais surtout les stigmates d’une visite récente chez une gygy « de ville » où je m’étais faite « tappée sur les doigts » car cycles réguliers=pas d’endométriose donc je suis trop impatiente, je dois arrêter d’y penser et je serai très vite enceinte.

    Nous sommes donc partagés entre l’espoir que tout va bien, la peur de ne pas être pris au sérieux, mais aussi beaucoup d’attentes car j’ai la quasi certitude que non tout ne va pas bien. Le doc nous rassure tout de suite, nous ne sommes pas impatients. Le mur arrivera très vite: dès l’examen vaginal, puis confirmé par l’échographie.

    Nous sortons du rdv soulagés. Les larmes arriveront plus tard: perte de mes derniers espoirs de bébé couette sans aide médicale et réalisation que je pourrais ne jamais avoir d’enfant. L’insouciance n’est plus, nous entrons dans une phase super-médicalisée et remplie d’inconnues. J’ai peur.

    • Comment te rassurer… Te dire qu’avoir peur ne sert à rien, ne te sera pas d’une grande aide. Par contre, je suis certaine que le temps t’aidera, même si de nouvelles épreuves se présenteront peut-être à toi. Très juste ce que tu dis sur « se faire taper sur les doigts ». Le manque de tact et d’écoute est parfois incroyable. Gros bisous pour la suite

  7. Je me retrouve beaucoup dans ton post, ayant franchi pour la première fois un cabinet avec l plaque stérilité devant il y a 48h.
    Pour moi, deux choses difficiles au début du parcours:
    1)Le moment ou plutôt les mois ou on sent que ca ne marche pas mais que personne ne nous croit, le psychotage et doctissimo avec son club des bicarbonateuses et autres.. Le doute, les déceptions et la pression qu’on met a son couple pour que ça marche, l’intimité qui foire, l’incompréhension du mec aussi rarement aussi vite inquiet. Bref la totale solitude de l’essayeuse.
    2)La fois ou ma gyneco de ville a dit: on arrête les examens, IO, direction PMA, 100% stérilité.
    Le grand écart est mega violent et finalement le rdv pma moins que l’annonce. Enfin c’est mon point de vue. Et en effet le passage de la diagnostique a la PMA technique est étrange qd même. Mais ça permet d’enfin avancer, d’être a 2 et d’enlever cette pression pour faire confiance aux toubibs. Un soulagement pour moi qui avai déjà fait mon deuil de bebe couette un peu (enfin, presque…)
    Bisous merci pour ton post

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