Infertile, Et Après?

Infertile un jour, infertile toujours ?

Jour 3 (14)

On se pose beaucoup de questions lorsque l’on entreprend un premier traitement, mais qu’en est-il de l’après lorsque celui a fonctionné ? Comment vit-on sa grossesse ? Comment vit-on avec à ses côtés un bébé/enfant PMA ? Et comment vit-on le retour dans cet univers lorsque l’on souhaite un autre enfant ? Beaucoup de questions se posent et méritent plein d’articles et de témoignages, mais on va déjà commencer par quelques pistes.

Si les grossesses se vivent aussi différemment que nous sommes de PMettes, j’ai l’impression qu’il y a cependant un point assez récurrent chez nous toutes. Nous avons conscience de la fragilité de la vie. Tout le monde sait que nous sommes mortels, oui oui, mais dans un processus de PMA où sous nos yeux la vie se crée par magie, nous nous rendons compte que tout ça tient à pas grand chose quand même ! Quand on voit un petit point sur une échographie, on se dit : « ça y est, c’est mon enfant ! ». Tout en sachant qu’au tout début de grossesse, le risque de fausse couche est là. En un instant, la vie décide si nous serons parents ou non, ce qui nous rend hyper sensibles, et donne souvent lieu à des grossesses plus angoissées que pour les couples fertiles. Si je n’arrive pas à concevoir un enfant naturellement, pourquoi arriverais-je seule à le porter jusqu’au bout ?

Le succès d’une première grossesse est un bonheur absolu mais aussi un retour à la réalité : ça y est, nous voilà parents ! On peut passer trois jours à pleurer rien qu’en regardant le petit lit à côté du nôtre à la maternité. Prendre un congé parental parce que ce petit bout, vraiment on veut en profiter. Prendre du recul lorsque celui-ci nous fait sa vingtième colère de la journée, en le regardant et se disant : « mais qu’est ce que j’ai de la chance ». Alors oui, je l’affirme tout haut : être parent d’un enfant PMA, c’est une expérience de vie. On a tout en main pour voir la vie différemment et positiver, savourer ce que l’on a. Et si la parentalité est un virage à 180 degrés pour tous les couples, il peut être encore plus violent pour le couple PMA. Apprécier son bonheur à chaque instant telle est ma devise ! Attention tout de même à l’idéalisation de l’enfant : l’enfant qui arrive dans votre couple, n’a, lui, pas eu ce manuel d’usage du bonheur (dommage !). C’est à vous de faire preuve de recul, lui sera un enfant comme les autres.

Ca y est, ce bébé on l’a. On a  enfin obtenu le passeport de la parentalité. On connaît la joie de retrouver son enfant le matin, de lui faire des câlins quand il est malade, de s’allonger dans son petit lit et lire des Tchoupi, de l’écouter nous parler… Mais ensuite ? Si on souhaite avoir un autre enfant, comment vit-on le retour à la case patient ? Je ne peux pour l’instant que témoigner sur mon cas, mais je trouve qu’entreprendre un traitement alors que l’on est soi-même déjà parent retire l’angoisse. OUI JE SUIS MAMAN ! Notre couple a un enfant ! Peu importe l’issue de ce traitement. Et ça, ça change tout. Par contre, je me suis rendue compte, que je ne suis plus prête à tout accepter. Et du coup, le deuxième traitement est aussi difficile à vivre, surtout qu’il ne se passe pas forcément comme prévu ou comme pour le premier. Mais ça ça doit dépendre des situations !

Alors, ressort-on indemne de tous ces parcours même couronnés de succès ? ou est on à vie une ex-infertile ?



Catégories :La PMA EN PRATIQUE: nos questions, Les INCONTOURNABLES

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16 réponses

  1. Ton billet me parle tellement! Je regarde les couples avec enfants qui chialent pour les nuits écourtées, les dents qui percent et les crises du terrible two et moi je me dis .. Wow vous avez la chance d’avoir ce petit cœur juste pour vous deux alors que nous on donnerait tout pour avoir cette chance. Bref, je crois qu’une fois le parcours de la PMA débuté ou même alors qu’il n’y a qu’un soupçon d’infertilité cela vient bouleverser les valeurs, les croyances et les désirs d’une personne définitivement.

    • Merci Madame G, c’est tout à fait ça !

    • Je suis tout à fait d’accord avec Madame G. Pour notre par, nous savons que si jamais nous avons la chance d’être parents avec la PMA, on enchainerait tout de suite pour numéro bis. Après, ayant mis le reste de nos désirs de côté (notamment notre désir d’expatriation), on ne sait pas où cela sera, ni dans quelles conditions 😉
      Mais je me rappelle de mon collègue, papa de jumelles (naturelles!) et d’un garçon (moins de 3 ans), qui n’arrêtait pas de me dire « tu verras quand tu seras maman » quand je minimisais ses plaintes. J’ai fini par le prendre à part et lui dire mon parcours. Le pauvre s’est senti mal, mais finalement je ne souffre plus de la maladresse des gens. Je dirai avec fierté que mon bébé est un bébé PMA.

      • Il y a de quoi être fiers de nos bébés PMA! Nous y travaillons dur :-). Et en parler ouvertement peut finalement retirer une partie du poids que nous avons sur les épaules (enfin si ça ne signifie pas qu’ensuite, il faille débriefer la planète entière de chaque RDV!!).
        Tu savoureras d’autant mieux ton expat que tu auras ton petit bout de chou dans les valises !

  2. Que c’est bien dit. Et tu viens de résumer en une phrase ce que je ressens actuellement : « Si je n’arrive pas à concevoir un enfant naturellement, pourquoi arriverais-je seule à le porter jusqu’au bout ? »
    C’est une épreuve de vie l’infertilité, et toute épreuve de vie bouleverse, certaines à jamais… Bises

  3. C’est bien de lire ce billet, ça met un gros coup de positif sur ce que nous vivons nous, couple « extranaturel ».. Encourageant en tout les cas!!!

  4. Quel joli billet !
    Je te rejoins sur le fait que la vie prend une autre dimension. Sur l’importance de vivre chaque instant, chaque relation, de savourer les choses et les êtres car ils sont précieux.
    Mon regard sur la vie a changé définitivement au moment de ma 1ère fausse couche et encore après la 1ère FIV ratée. J’ai envie d’aller à l’essentiel, de dire, de me débarrasser du superflu et du superficiel (avec les choses et les gens).
    Définitivement, cette expérience a changé mon rapport à la vie, il y a un avant et un après.
    Comment verrai-je les choses si je deviens maman ? Je ne sais pas mais je sais dores et déjà que je ne pourrais pas oublier.
    Tout est inscrit dans mon corps, mon esprit, mon être. A titre individuel et dans mon couple.

    • Merci Cloudy. Désolée pour le retard à répondre, ton commentaire s’était mis dans les spams !?!. J’aime beaucoup ton expression « inscrit dans le corps », c’est tout à fait ça. Ca nous prend vraiment entièrement, par les tripes… Bises

  5. Je me retrouve tellement dans ce que tu écris ! Sur la fragilité de la vie, sur ce que nos parcours nous apprennent, sur la manière dont ça change les perspectives…
    Dans mon cas j ai toujours voulu plusieurs enfants et du coup je pensais déjà au deuxième ma fille pas encore ou à peine née (faut dire que j ai eu des complications à l accouchement et que j ai flippé pour les conséquences que ça allait avoir sur la suite…) N empêche que j étais positive et confiante, ça a marché ça remarchera… j ai même repris la pillule… naïve que je suis… J ai été confiante jusqu au premier rdv au centre pma… et là ma confiance c est effritée.. et avec la reprise des taitements et les échecs, avec des difficultés que je n avais pas connues la première fois je me suis carrément écroulée… aujourd’hui, une fausse couche, une fiv, deux hospitalisations et de déjà trop nombreux échecs plus tard je suis à nouveau relativement sereine… si ce deuxième bébé ne vient pas, c est que c est comme ça. .. nous avons déjà tant de chance d avoir notre fille…

    • Merci pour ton témoignage. C’est vrai que pour le 2ème on peut partir très confiant, et au final rien n’est gagné, loin de là. Je viens de découvrir ton blog, très chouette, je le mets dans mes liens :-). Bises et courage pour la suite !!

  6. Merci pour ce commentaire, tu arrives à décrire ce que je n’arrive pas forcément a exprimer, dans mon entourage, les gens n’arrêtent pas de se plaindre dès que leur enfant pleure, fait des colères …je sais que c’est sûrement très difficile a vivre, c’est certains même mais à chaque fois, je me dis je donnerai tout pour avoir à gérer tout cela, je ne sais si j’aurai un jour cette chance mais c’est pas facile au quotidien….
    Je pense que malheureusement on ne ressort pas indemne de de parcours ( c’est ce que j ‘ai écris dans un article) car même si on y parviens peut être que ça s’atténue avec le temps mais c’est tout ( enfin je pense )….car on est toujours stressée même quand on a le +++ tant attendu, on a tellement peur de la fc, finalement l’attente est sans cesse intenable….
    Je me dis que si j’ai déjà un bébé, je tenterai peut être un deuxième et que mes angoisses seront surement moindres mais je pense que ce n’est pas sur car une fois qu’on remet le pied dans ce parcours du combattant, l’angoisse et les peurs reviennent, mais tu nous diras ça ….je viens de découvrir ton blog, je n’ai pas pu suivre toute ton histoire dès le début mais je le ferai avec plaisir pour ton deuxième combat….

  7. je m’y retrouve aussi !
    Je suis dans ma 31ème semaine de grossesse. Je dirais que ça fait 1 mois que j’arrive à être bien plus « sereine » et à profiter, car avant c’était plutôt la peur de perdre mon bébé, ou mon incapacité à le porter jusqu’au bout qui primaient.
    Malgré tout, même si je suis consciente de l’immense chance qui nous est offerte, alors même que notre ptit bout n’est pas encore né, je ne peux m’empêcher de penser à l’après… Je ne reprendrai pas la pilule. Je voudrais profiter de notre ptit bout, de notre nouvelle vie à 3. Mais je ne peux me résoudre à attendre 3/4 ans avant de tenter de faire un ptit deuz’. Mais j’ai peur de ne pas savoir gérer les traitements aussi bien, surtout les échecs, si jamais il devait y en avoir, car je ne suis pas prête à mettre mon rève de famille avec 3 ou 4 enfants de côté. Et en même temps je me dis qu’un miracle aura peut-être lieu et que ma grossesse aura modifié mes OPK… BRef, tout est bien confus, et c’est sûr, la PMA est une expérience qui modifie forcément notre future vie de parents, selon moi…

    • Coucou Cé et tout d’abord félicitations pour ta grossesse ! Plus ça avance, plus on peut être sereine. J’avais personnellement terriblement peur d’accoucher prématurément en raison de nombreuses contractions (inefficaces au final…). Je comprends ton angoisse, ce n’est pas forcément fini après le 1er passage par la case PMA. J’ai préparé un article à ce sujet justement, à venir très bientôt :-). Bises et profite surtout

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